LE CERVEAU N’ENTEND PAS LA NEGATION

Nos émotions commandent-elle notre raison ou notre intelligence doit-elle effacer nos sentiments ? On sait qu’après avoir essayé de mesurer l’intelligence par le Quotient Intellectuel, très controversé, les scientifiques ont étudié le QE, le Quotient émotionnel. Or la bonne gestion des émotions contribue à la performance de notre intelligence individuelle et collective.

 

Roland Jouvent, Directeur de recherche au CNRS, a créé le “Centre Emotions” de la Salpêtrière et est intervenu lors de la dernière formation 1 soir 1 jour “Profession manager : passer de l’athlétisme au championnat olympique”. Cette formation a rencontré un très vif succès. Voici quelques extraits issus de ses dernières recherches sur la science du cerveau qu’il nous a livrées :

“Ne cours pas” dit la mère à son enfant. En général, celui-ci aussitôt accélère… Dire “N’ayez pas peur” est en général le meilleur moyen d’effrayer. Pourquoi ? Car le cerveau naturellement n’entend pas la négation. C’est pourquoi si vous voulez être obéi rapidement et efficacement, n’employez pas la forme négative :”Marche lentement” ou “Restez calme”.

Mieux encore, exprimez votre calme ou votre autorité par votre posture ou votre gestuelle qui sont beaucoup mieux comprises que le langage verbal par notre cerveau émotionnel.

Plus surprenant, notre cerveau ne fait pas de différence entre la réalité et l’illusion. Si vous regardez une personne ou si vous imaginez sa présence, vous mettez en jeu les mêmes neurones et les mêmes zones cérébrales. Ce sont les dernières découvertes de Jeannerot en 2002.

A peine âgé de 15 minutes, un nouveau né commence à imiter sa mère. Nos propres illusions dépendent du milieu dans lequel nous avons été élevés. Un chat qui a été élevé dans un milieu sans verticales ne pourra plus jamais les percevoir lorsqu’il aura dépassé 12 mois. Notre suprématie, c’est d’être humain, de savoir reconnaître notre environnement et gérer nos émotions, pas d’être intelligent. Sur ce plan, un ordinateur pourra toujours nous battre. La performance humaine et managériale repose donc sur la confiance en soi, l’expertise alliée à l’entraînement et à la stabilité émotionnelle.

Notre cortex automatise nos émotions et cet automatisme qui est une économie de temps, devient facteur d’inhibition avec l’âge. L’anxiété liée au souvenir du passé ou à la peur de l’avenir est en général facteur de blocages principaux qui conduisent à l’échec. La solution est de se concentrer sur le présent. Ainsi les personnes âgées soignées à la Salpêtrière qui ont peur de tomber, tombent en général parce qu’elles sont focalisées sur l’avenir, à savoir le but à atteindre ou le passé, c’est-à-dire le souvenir d’une précédente chute, au lieu de regarder où elles posent leurs pieds… Un exemple à méditer pour la conduite de projet?

Nos quatre adversaires sont donc :

Le conditionnement, le poids des habitudes

La pression des exigences quotidiennes et simultanées, des délais et des résultats

Le regard de l’autre

La fatigue, la mauvaise gestion de son énergie

the brain

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